Les notes avant le match reflétaient-elles réellement le match ?
Dans les notes avant le match (ICI), nous avions été très durs avec Alou Diarra, insinuant qu’il était complètement nul et devrait penser à un autre sport. Je dis « nous » car, bien entendu, les notes ont été données collectivement, après vote et consultation de l’ensemble de la (très nombreuse) rédaction de Panthéonfc.fr. Je dois dire d’ailleurs, que, personnellement, je n’étais pas d’accord avec cette analyse. Mais je suis solidaire de la rédaction. Nous nous appuyions sur le fait, indiscutable, que Brandao avait été meilleur que Diarra, techniquement, cette année à l’OM. Et bien, nous avions tort, complètement tort, nous nous excusons auprès de ce grand joueur : Alou a effectué un match magnifique contre l’Angleterre.
Il était partout, coupait toutes les contre attaques anglaises, sa relance était propre, et on peut même lui pardonner son marquage sur Lescott, le ballon de Gerrard était parfait et Lescott est exceptionnel de la tête. Diarra a d’ailleurs également bien failli marquer d’une superbe tête.
Donc, bravo Alou.
Pour le reste, à quelques détails mineurs près, comme le fait, par exemple, que Nasri, Mexes, Ribéry, Debuchy, et tous les autres joueurs ont en fait été bons, et pas complètement nuls, tout était correct dans nos analyses d’avant match.
Evra avait prévenu : « c’est dans les gros matchs que l’on reconnait les hommes », et il avait raison.
Pour les boulettes de la défense centrale, nous sommes clairement restés sur notre faim. Une toute petite boulette de Rami en début de match, et puis rien d’autre à se mettre sous la dent. A ce rythme, nous serons traités pour anorexie avant la fin de la compétition.
Du côté anglais, nous avions prévu parfaitement, en revanche, que le comportement de Rooney sur le banc serait exemplaire. A noter sa raie sur le côté extrêmement chic.
Bon, avouons que c’est beaucoup moins facile de se moquer qu’en 2010. On a retrouvé une vraie équipe de France, on rit moins, mais on voit plus de football.

A qui Samir Nasri a-t-il dit « chut » et « ferme ta gueule » après son but ?
A un automobiliste avec qui il s’était disputé juste avant le match. Celui-ci lui avait soufflé une place sous le nez près du stade, alors qu’il tournait déjà depuis plus d’une demi-heure, et il avait failli rater le coup d’envoi.

L’arbitre aurait-il pu accorder un pénalty à la France ?
Bien sur que oui ! Cela aurait même été très bien, surtout dans le temps additionnel, afin de laisser moins de temps aux anglais pour revenir. Cela dit, on ne voit pas sur quelle action il aurait pu le faire, dans la mesure où il n’y a eu rigoureusement aucun problème dans la surface. Mais s’il avait été vraiment très mauvais et francophile, il l’aurait fait quand même, pour notre plus grande satisfaction.

Un match nul est-il un bon résultat pour un premier match de poule ?
Pour la quatrième fois consécutive, la France a fait match nul lors de son premier match. Sur les 3 précédentes, elle ne s’est qualifiée qu’une fois, en 2006.
Mais si l’on veut vraiment retrouver une situation similaire, alors remontons à 1992. L’équipe, excellente, sortant d’un parcours parfait en éliminatoires, entraînée par Platoche, avec Blanc, Deschamps, Papin et Cantona, bref, une grande équipe, avait fait match nul 0-0 avec l’Angleterre lors du premier match. La Suède était également dans le groupe, comme aujourd’hui. Résultat : la France et l’Angleterre ont été éliminées, la Suède et le Danemark qualifiées. Si l’histoire se répète, nous sommes donc mal partis. D’autant que l’Ukraine a gagné son premier match, avec Shevchenko ressuscité d’entre les morts.
D’un autre côté la dernière fois qu’un joueur a tiré la langue à un automobiliste après avoir marqué un premier but lors d’une grande compétition, nous avons été champions du monde. C’était Christophe Dugarry en 1998.
Nous n’avons donc pas la moindre idée de ce qui va se passer. Va-t-on se qualifier ou non ? Quelle différence avec 2010 où nous savions, avant la compétition, que nous étions nuls, et ne pouvions qu’être de plus en plus mauvais ! De fait, nous redécouvrons une notion oubliée, « la glorieuse incertitude du sport », ce monde aléatoire dans laquelle la France ne perd pas toujours, que nous avions quitté pour un monde sans stress et aléa, où la France était ridicule mais de manière certaine. Symétriquement, les handballeurs français ont retrouvé également cette année cette notion d’aléa sportif, dans leur cas en ne gagnant pas l’Euro, eux qui étaient installés dans un monde certain, un monde à la Nadal à Roland Garros, depuis tellement longtemps (champions d’Europe, du monde et olympique).

Depuis quand n’avait-on pas vu une équipe de France jouer correctement au football dans une grande compétition ?
Depuis le 9 juillet 2006 et la finale contre l’Italie (perdue 1 coup de boule à 0, on s’en souvient avec des larmes dans les yeux).
Par la suite, Domenech avait repris le poste d’entraîneur, qu’il avait abandonné temporairement à Zidane, Vieira, Makele et Thuram, et l’équipe avait été mauvaise en 2008, et absolument catastrophique en 2010, dans une progression linéaire enthousiasmante vers la nullité.
Nous étions donc très étonnés aujourd’hui de voir les français se faire des passes, gagner les duels, cadrer leurs tirs. Laurent Blanc, que les anglais respectent et appellent « The Blanc », a bien fait son travail.
Sauf dans un domaine : nous ne savons toujours pas tirer les corners, presque tous envoyés dans les 6 mètres, c'est-à-dire dans les mains du gardien anglais, alors qu’un corner se joue au point de pénalty ou au premier poteau, et nulle part ailleurs. Etonnant pour une nation qui a été championne du monde parce qu’elle a tiré merveilleusement deux corners au premier poteau (merci éternellement Messieurs Petit et Djorkaeff). Les français feraient bien de regarder attentivement le deuxième but ukrainien contre la Suède de Shevchenko, sur un corner au premier poteau, ou de revoir « les yeux dans les bleus ».

Pourquoi Houellebecq jouait-il pour l’Angleterre ?
C’est un grand mystère. Le prix Goncourt pour « La carte et le territoire » jouait attaquant avec l’Angleterre. Il se battait sur tout le front de l’attaque, étendant le domaine de la lutte. Les commentateurs anglais ont expliqué qu’il pourrait être transféré de Manchester United à Lille. C’est une possibilité, Lille. Une plateforme pour relancer sa carrière.

L’équipe d’Angleterre était-elle aussi mauvaise que prévue ?
Oui. Les anglais jouaient avec leurs moyens techniques limités. Plus de Waddle, de Lineker, de Beckham. Un Gerrard qui se battait, qui était très bon défensivement, mais qui n’était pas à son niveau de 2005, lorsqu’il gagnait tout seul la champion’s league. Le jeune Oxlade-Chamberlain a brillé sur quelques actions en début de match avant de s’éteindre rapidement. Mais leur défense est de très haut niveau avec Cole, Lescott et Terry (Johnson, beaucoup moins bon, est tiré vers le haut). Un match nul leur convenait, ils avaient vraiment peur de la France, et peu confiance en leurs capacités du moment. Et ils avaient raison : les français ont eu beaucoup plus de possession et d’occasions. Ils attendent le retour de suspension de Rooney au troisième match. Cette équipe a des points communs avec la Grèce en 2004 : peu de talent, mais une superbe organisation, du physique et du mental. Bref, ils sont clairement les favoris de l’Euro.

Les supporters anglais étaient-ils nombreux ?
Non, ils n’ont jamais été aussi peu nombreux, pas plus de 7'000. Soit seulement trois fois et demi plus que les français. Autant dire personne.

Les commentaires de Lizarazu étaient-ils aussi mauvais que prévu ?
Mais non ! Mais si on ne critique pas Liza ici, qui le fera ? Mais on a le droit de préférer les commentaires d’Arsène (la paix soit sur son nom), et on a enfin compris pourquoi Chamberlain n’était pas titulaire systématiquement à Arsenal (loué soit le nom d’Arsenal). Arsène (la paix soit sur son nom) l’a dit : Chamberlain est une bille défensivement. Mais quel talent ! On regarde le football pour des Chamberlain, des Modric (la Croatie magnifique !), des Pirlo, pas pour des Terry, ou même des Michel Houellebecq.