La soirée avait pourtant commencé par une satisfaction, avec justement cet aspect des effectifs. C’est l’arbitre, pointilleux sur le sujet des licences, qui leur a imposé de ne jouer qu’à 8, considérant qu’ils n’avaient que 8 licences valables. Nous n’en avions pas beaucoup plus de notre côté : 9 dont 2 seulement avec une photo. Mais en jouant habilement sur les demandes déjà envoyées, les photos des licences de l’année dernière, et les photocopies de cartes d’identité, notre directeur administratif a pu lui faire croire que nous étions en règle.

Sa satisfaction de permettre ainsi à l’équipe de jouer au complet contre des adversaires qui eux étaient diminués ne dura pas longtemps. Les services administratifs de nos adversaires sont sans doute moins efficaces que les nôtres, mais ils ont compensé par des qualités footballistiques supérieures, ce qui au foot compte aussi.

S’agissant des explications pour cette défaite (compte tenu des circonstances il faut bien parler de défaite) plusieurs avis s’exprimèrent dans les vestiaires.

Pour les uns l’arbitre nous a sévèrement désavantagés (je traduis en langage publiable des propos plus techniques). En particulier il n’a pas sifflé un incontestable pénalty, qui en toute rigueur aurait même pu s’accompagner d’un carton rouge. Cela aurait mis fin au match, nos adversaires se retrouvant alors à 7 et donc contraints au forfait. Mais il a nous a surtout empêchés de développer nos attaques en sifflant des hors-jeu absurdes. Il s’appuyait pour cela sur leur juge de touche, qui fit plus pour eux que deux ou trois joueurs supplémentaires.

D’autres considèrent que nous avons simplement été mauvais et que nous n’avons pas à chercher des excuses du côté de l’arbitre. Nous aurions dû mener par 3-0 à la pause, et il est inacceptable que nous n’ayons pas remporté ce match, mauvais arbitre ou pas.

Mon avis est que la vérité n’est pas entre les deux, elle est un cumul des deux. Oui, nous avons été mauvais, mais même mauvais, avec un arbitre à peu près correct nous aurions remporté ce match. Et à la fin, nous devrions bien de temps en temps pouvoir remporter des matchs en étant mauvais. Cet arbitre nous a privés de ce plaisir.

A ces explications s’ajoute une bonne dose de malchance. Nous avons effectué à deux reprise la figure de style dite du “double poteau sortant“. Sur la première Damien a pu reprendre pour marquer notre but, mais sur la deuxième notre capitaine chinois Flo n’a pas eu cette chance. De leur côté, leur seul tir cadré, décoché depuis les 6 mètres suite à un corner, a rebondi sur deux de nos joueurs avant de taper le poteau et de rentrer.

Pour rester sur une note positive, ce mauvais résultat n’a pas nui à l’ambiance dans l’équipe, ce qui est important. Certains d'entre nous ont même prolongé les discussions d'après match à la sortie du stade avec l'arbitre, dans un très bon esprit. Il aura peut-être retenu qu'il serait bon pour lui de nous favoriser la prochaine fois que nous nous croiserons.
Bon pour lui et pour sa famille.