Tout bascule à la mi-temps du match contre l’Afrique du Sud, dans les vestiaires de l’Equipe de France. Voulant faire une de ces plaisanteries dont il a le secret, Ribéry s’installe à la place occupée par Gaël Clichy. Celui-ci ne comprend pas et lui demande de se pousser. Ribéry refuse, et à Bruno Martini qui l’interroge, il répond « Eh mais c’est pas la place de Clichy ici ! ». Martini ne comprend pas le jeu de mots et lui demande fermement de se pousser. Ribéry ne bouge toujours pas. Arrive Domenech, à qui Ribéry répète que ici ce n’est pas la place de Clichy avant d’ajouter « Et Bruno m’a répondu trop sèchement. J’ai trouvé Martini sec. » Deuxième jeu de mots que Domenech ne comprend pas non plus. Déboussolé, le coach décide alors de virer Ribéry. Il lui dit qu’il ne rentre pas en deuxième mi-temps. Le bavarois stupéfait se lève et va en coller une à Gourcuff avant que Duverne ne l’immobilise avec le taser qu’il a acheté la veille et qu’il porte désormais autour du cou à la place de son chronomètre.

Changement tactique donc : Henry remplace Ribéry. Une précision s’impose ici. Le sosie de Thierry Henry, peu habitué aux choses du football, a mal supporté les événements de ces derniers jours. Suite à une crise de nerf il a été décidé de l’évacuer déguisé en Anelka lui-même déguisé n’importe comment pour ne pas être identifiable. D’où cet étrange accoutrement à l’aéroport. Mais une fois le sosie de Thierry Henry évacué, il a fallu à son tour lui trouver un sosie. On est allé au plus simple en demandant à Thierry Henry de tenir ce rôle. Ce qu’il a accepté, trop content de voir de l’intérieur ce qui pouvait bien se passer dans ce LoFFFt dont tout le monde parle. En définitive, c’est donc le vrai Thierry Henry qui entre en jeu. Et comme il se doit il va très rapidement faire la différence.

Dès son premier ballon il sème la panique dans la défense sud-africaine, et va marquer notre premier but de la compétition. Puis peu de temps après c’est l’égalisation à deux partout. Les commentateurs de TF1 réagissent de manière diverse. Christian-Jean Pierre, qui n’a rien compris, continue comme en première mi-temps à déclamer la bande-annonce des émissions à venir : « Comment a-t-on pu en arriver là ? Cette équipe est en ruines. Il va falloir des explications. Ce soir émission spéciale sur TF1, avec Escalette et des anciens internationaux autour de Denis Brogniart. ». Jean-Michel Larqué abonde dans son sens, mais commence tout de même à s’interroger. « Cela fait des années que je le dis, Domenech est pitoyable. Mais comment a-t-on pu nommer un lyonnais à ce poste ? Escalette devra rendre des comptes. Cela dit, l’Equipe de France commence à montrer des choses intéressantes. » Arsène Wenger lui se tait. Il a bien vu qu’il se passait quelque chose, et il s’interroge.

Après le troisième but de Thierry Henry, le coach de l’équipe d’Afrique du Sud, Carlos Parreira fait le nécessaire : il positionne quatre joueurs au marquage individuel sur notre buteur. Ce repositionnement tactique laisse des boulevards en défense mais les autres attaquants français n’arrivent pas à en profiter et le score reste bloqué à 3-2 pour la France. Thierry Henry va alors voir Domenech (qui n’a rien compris au coup du sosie et du contre-sosie) et lui explique tout. Il ajoute que s’il lui fait confiance on peut se qualifier, et qu’il faut faire entrer Malouda. Domenech n’est pas sûr d’avoir tout compris mais il obtempère. Malouda entre, et libre de tout marquage il marque rapidement un quatrième puis un cinquième but. A 5 buts à 2 pour la France CJP est un peu déboussolé, mais il garde son manque de lucidité. « Que de regrets, Jean-Michel ! Tout cela vient trop tard. Avec la défaite du Mexique dans l’autre match, il nous suffisait de gagner 3 à 0 pour les rattraper, mais maintenant que nous avons encaissé ces deux buts en première mi-temps ce n’est plus possible. » Jean-Michel Larqué est un peu abattu mais il a tout de même conservé l’usage de son cerveau. Il lui répond que en fait, avec 5-2 on est qualifiés (et même plus qu’avec 3-0). CJP ne répond pas et appelle Denis Brogniart pour avoir confirmation. De son côté Wenger se tait. Il commence à comprendre.

Les bleus marquent un sixième but, de nouveau par Thierry Henry. Cela arrange bien CJP qui s’y perdait dans ses calculs. L’esprit libéré il entre alors dans un délire incontrôlé et cite de manière désordonnée Zidane, Juste Fontaine et Napoléon. Jean-Michel Larqué, lui, s’est enfin rappelé qu’il était sur TF1 et non pas sur RMC. Il cesse donc d’insulter Domenech et revient à des considérations consensuelles sur l’Equipe de France et son avenir dans la compétition. Arsène Wenger sort de son silence pour dire que Thierry Henry a fourni un très bon match. Mais il a tout compris pour le coup du sosie et en reste abasourdi.

Dès le coup de sifflet final Domenech va saluer Carlos Parreira. Il lui tend la main, mais au moment où le Brésilien va la saisir il la retire vivement et lui fait un bras d’honneur. Avant que Parreira ait pu réagir Duverne l’immobilise avec son taser. Domenech se tourne ensuite vers le micro tendu par David Astorga. Sans montrer d’émotion excessive il sort son refrain habituel : « Sur ce match j’ai vu ce que je voulais voir, de la générosité du cœur et de la solidarité. Cette équipe a un vrai potentiel, elle peut aller très loin. » (NDLR : Par manque d’imagination, nous n’avons fait que reprendre ici sa déclaration d’après la défaite contre l’Afrique du Sud. Authentique.)

David essaye d’aller plus loin: « Mais comment expliquez-vous ce changement dans le jeu de votre Equipe ?». Toujours maître de lui Domenech produit son fameux double haussement (de ses petites épaules et de ses gros sourcils), qui veut exprimer son étonnement devant une question stupide à laquelle il répond inlassablement la même chose depuis 6 ans : « J’ai toujours dit que ce serait difficile, mais qu’on allait y arriver … » Mais il ne va pas plus loin, il est interrompu par Patrice Evra qui se saisit du micro et lit la déclaration suivante : « Cette victoire est celle des joueurs. C’est pas le coach, c’est nous qu’avons tout fait. C’est nous, tous les joueurs sans exception, qui ont organisé l’équipe pour ce match. Tous les joueurs sans exception refusons désormais de parler au staff et aux représentants de la Fédération. Nous avons des exigences. Nous ne reprendrons l’entraînement que quand ces exigences seront satisfait … non … quand nous serons satisfaits de nos exigen …. quand on aura eu ce qu’on veut. »

Domenech qui a senti le coup venir s’est déjà précipité en salle de presse. Il fait bloquer les entrées par la police et s’installe devant les micros. Pendant de longues secondes il toise les journalistes d’un sourire triomphant. Il n’entend pas la première question posée, il continue à toiser, puis commence à parler. « Vous avez bien les boules, hein ? ». Le reste est difficile à raconter. Ce sont surtout gros mots et vilains gestes, et ils n’ont pas leur place sur ce site.

Roselyne Bachelot apprend pendant sa séance de fitness dans l’hôtel des bleus que la France est qualifiée. Sans prendre le temps de quitter son jogging rose elle convoque les journalistes en salle de presse. Ils y sont déjà : Rama Yade l’a prise de vitesse, en débardeur et mini-short. Elle est en train de déclarer qu’elle a toujours soutenu l’Equipe de France, et que, adolescente, elle était allée supporter Papin et Cantona pendant la Coupe du Monde 1994 aux Etats-Unis. Roselyne la bouscule gentiment et fait à son tour une déclaration : « Je suis très fière d’avoir pu remotiver les joueurs de l’Equipe de France. J’ai bien vu que mes propos en avaient ému certains, en particulier Chabal. Je souhaite le plus grand succès à Aimé Jacquet et à ses joueurs. »

Les membres du Conseil Fédéral qui n’ont pas démissionné hâtivement triomphent. Houllier rappelle que c’est lui qui a poussé pour maintenir Domenech, Platini souligne qu’il a appuyé dans ce sens, Noël le Graët se réjouit une fois de plus de cette excellente décision et Escalette conclut en disant que c’est lui le chef.

Le lendemain toutes les Fnac reçoivent des palettes de livres dont l’impression n’a pas été annulée. De Eric Abidal : « Anelka a bien parlé mais je l’avais dit le premier ». De Jean-Michel Larqué : « Domenech est nul ». Et de Raymond Domenech : « C’est moi la taupe et je vous emmerde tous sauf Estelle. »

Cinq jours plus tard l’Argentine bat la France 7 buts à 0 et les choses reprennent leur cours normal. En un peu plus exacerbé s’agissant du comportement des journalistes à l’encontre de Domenech.