Les plus jeunes s'expriment ainsi " moi je ne pourrais pas, lundi j'ai tir a l'arc en double aveugle!", "moi non plus je donne un cours à Brian Joubert", " ah merde aujourd’hui c'est justement le jour ou je me masturbe dommage!!!" les plus lâches ainsi écartés, s'avancent alors les plus valeureux, "moi je viens ya quoi?"

Ya quoi? Belle interrogation : il y a une équipe de légende soudée autour de joueurs valeureux (et d'autres moins) une équipe qui joue avec des maillots de foot a manches longues quelque soit la saison. Une équipe ou pas un joueur n'a les mêmes chaussettes que son voisin, une équipe dont les joueurs portent des survêtements amples sous leurs shorts voilà à quoi, jeunes novices inconscients nous voulons nous attaquer!!!

Un unijambiste face à la face nord de l'Himalaya!

La pluie fait son apparition sur le stade des fillettes, qui porte mal son nom tant la tension et la testostérone sont palpables. Certains vont même jusqu'a s'échauffer pour se distraire de la terrible épreuve qui les attend. Pour certains c'est la première fois, "t'as vu quand j'accélère sur place ca fait vibrer ma brioche?" " Moi je tente des petits pas en accélération j'ai vu ca à la télé", d'autres comme à l'accoutumée frappent d'emblée dans des ballons dur comme du silex gonflés par Ahmed.

Panthéon arrive fier et déterminé. Michel jauge la taille de ses buts, étrangement similaire de match en match. Kader arbore des chaussettes jaunes canari, telle le reptile qui annonce par des couleurs vives qu'il est dangereux voir mortel. Les adversaires y voient un mauvais présage.

Le match commence sur une balle en l'air envoyé par Anis Ed, qui réalise au mitard une belle partie, combinant habilement avec succès avec son alter ego cub, tout deux animent le milieu de terrain avec jovialité malgré les résidus d'une cuite datant de quelques semaines.

Kader s'active quant à lui sur le coté gauche de la défense où sa vitesse et sa désynchronisation gestuelle laissent Twix pantois. On notera un duel admirable sur le coté droit avec Ahmed, duel qui relève bien plus de la course de demi fond que du foot. Non contents de nous offrir un spectacle digne d'un meeting d'athlétisme Kenyan, ses deux là nous rappellent néanmoins judicieusement que nous pratiquons, mine de rien, un sport collectif, information que d'aucuns semblent avoir oublié, voir ignorent l'existence : "ah c'est pas pour me regarder que vous êtes là? Quoi des passes mais qu'est ce cette diablerie?"

Un conseil se réunit afin d'envisager une conversion vers un sport pratiqué avec une raquette face à une surface plane verticale appelée communément "mur". Cette option permet le glissement vers leur penchant naturel vers un sport sans coéquipier sans même d'adversaire ou l'ego peut exprimer sa pleine mesure sans aucune contrainte.

Le match se déroule sans agressivité ni insulte, le panthéon joue sous son niveau réel, entendu qu'il est privé des talents défensifs de Sé, et Moussa passés chez l'adversaire le temps d'un mercato éclair improvisé.

La légende retiendra que le Panthéon a perdu ce match amicaux dans l'honneur, et l'humilité qui le caractérise, ses adversaires ne sont pas fiers d'avoir fait vaciller cette équipe, obligeant Michel à récupérer la balle une dizaine de fois au fond de ses filets.

Dans les vestiaires le malaise se lit : les vainqueurs regardent leurs souliers, certains se rhabillent par dessus leur vêtement de sport et s'enfuient la sueur dégoulinant encore, à même leurs fronts dégarnis.

Voilà comment, même après une défaite imméritée, le Panthéon FC, a l'instar du black star, du red star, de Joey star, ou du Barça de Guardiola, s'en sort encore avec les honneurs humiliant une équipe pourtant valeureuse mais incapable de jouer avec des manches longues quelque soit la saison.

Dizuit