En effet, Kro joue sur le même terrain que nous, mais à 19h au lieu de 20h30 (les joueurs du Panthéon le savent, mais je le précise tout de même au cas où quelqu'un d'autre se serait égaré sur ce site et aurait lu jusque là). Que signifie dans ces conditions jouer à l'extérieur ?

Eh bien cela signifie simplement ne pas jouer dans nos conditions habituelles. Pour un match à 19h, nous arrivons tous soit en retard, soit stressés, soit les deux. Déjà c'est pas bon pour notre équilibre psychologique, élément essentiel de notre jeu inspiré.

Mais l'élément le plus grave est que nous ne bénéficions pas de la préparation mentale qui fait notre force à domicile. Miloslav n'hésitait pas récemment à évoquer "l'amour qui nous lie tous", nous savons bien que ce genre de sentiment s'entretient. Les quelques minutes que nous passons ensemble dans les vestiaires ont cette vertu.

C'est en effet toute une ambiance qui se crée alors, à la faveur des remarques stupides, spirituelles ou poétiques, qui émaillent nos conversations. Cela passe par les commentaires sur l'actualité de la semaine (la défaite du PSG, les provocations stupides de Raymond Domenech, ou au contraire un événement nouveau) ou des échanges culturels et historiques, au cours desquels Pierre évoque avec émotion les riches heures de l'OM.

Les accoutrements des uns et des autres donnent aussi de la matière aux plus inspirés, parmi lesquels on peut citer Kader, au point que certains sont soupçonnés de forcer leurs talents vestimentaires pour alimenter la verve de notre ami (c'est sans doute le cas de Monsieur Brun avec ses mocassins à boucles). On a aussi évoqué des substances plus ou moins hallucinogènes pour expliquer notre bonne humeur, mais les tests antidopages n'ont jamais rien prouvé.

Ces éléments contribuent à notre plaisir, à notre cohésion et donc à notre efficacité.

Ils étaient absents lundi dernier du fait de l'horaire. Et cela explique sans doute en partie pourquoi nous avons perdu contre une équipe que nous avions plutôt dominée lors de nos dernières rencontres. Défaite 4 à 1 donc, avec tout de même à la clé un joli but du mec qui portait le maillot de Marc, sur une très belle tête retournée d'Olivier.

Notons d'ailleurs que les Barcelonais nous ont piqué cette combinaison pour leur premier but contre l'Inter, marqué justement par le dénommé Piqué, sur une passe de la tête de Thierry Henry (décidément toujours dans les mauvais coups). Un but pareil que le nôtre donc, mais pour un résultat pas pareil vu qu'ils ont gagné et que nous on a perdu, mais on ne va pas y revenir.