Depuis 1998, ce double standard a disparu, l’arbitrage est bien entendu comme il se doit toujours très mauvais, mais c’est lié à l’accélération du jeu, elle-même conséquence d'un entraînement plus "scientifique", qui fait que cela va maintenant tout simplement trop vite pour l’oeil humain, et il n'y a plus de biais systématique (à l’exception notable de la coupe du monde 2002 pendant laquelle les arbitres ont adoré la Corée pour des raisons toujours inexpliquées).
Pourtant, 16 ans après 1982, quelle belle revanche des deux demi finales de 1982 et 1986 nous aurions pu avoir si la Croatie avait perdu! Une demi France-Allemagne à St Denis, dans cette enceinte magnifique, devant le plus mauvais public de football du monde, dans la châleur de juillet!
Mais cette revanche, nous ne l’avons jamais eue. La France n’a pas affronté l’Allemagne dans un match de compétition depuis 22 ans. Alors qu’on aura eu quatre France-Italie en deux ans en 2006-2008. Et aujourd'hui c'est trop tard pour une revanche. Rummenigue ne joue plus, même si Thuram qui a presque le même âge est toujours là. Sarkozy et Merkel se sont réconciliés, et les moins de 30 ans pensent que Schumacher est un pilote de formule 1. On me dit même (mais je n’ai pas pu vérifier) que les allemandes se rasent maintenant les jambes. Les allemands n'ont plus les cheveux très court sur les côtés et très longs derrrière.
Mais cette demi finale de 1998 ! Franchement, les deux buts de Thuram sont une anomalie statistique, un astéroïde détruisant la terre pendant le match était équiprobable. Ce jour-là, les croates sont passés tout près du titre de champion du monde. Souvenons-nous aussi du 2-2 de l’euro 2004 entre les croates et nous, et d’une équipe de France injustement critiquée ce jour là, d’un Desailly, ce grand joueur, ce saint, seulement desservi par une voix nasillarde et un goût immodéré pour le téléphone portable, meilleur défenseur de l’Euro 2000, traîné dans la boue par la clique médiatique, alors que l’on sous-estimait simplement la Croatie.
Souvenons-nous des brésiliens encaissant deux buts dans leur premier match de coupe du monde 2006, dépassés en vitesse par quelques passes simplissimes des croates. Et ce dernier match de l’Angleterre en ocotobre 2007. Après une défaite 2-0 en Croatie, un nul à Wembley suffisait pour participer à l’Euro, et la Croatie était déjà qualifiée. Les anglais rapidement menés 2-0 ont réussi, à l’anglaise, à la MU-Bayern, à la Liverpool-Milan, à revenir à 2-2 en seconde mi-temps. Mais à 2 minutes de la fin, un coup de génie croate les élimine, 3-2, et l’entraîneur croate danse de joie, alors que cette victoire ne change rien pour lui, seulement le plaisir sournois d’éliminer la puissance impériale qui dominait le monde avec quelques fonctionnaires coloniaux épars et un sentiment de supériorité inné.
Les croates sont grands, de taille, sont grands dans leur tête, et même si les serbes dominent actuellement le tennis, ils ont gagné Wimbledon avec Goran Ivanisevic, qui était lui-même grand.
Alors derrière le Portugal, super favori logique, et tellement antipathique, la Croatie a rappelé hier qu’elle est là, toujours là : basket ou football, elle sera difficile à battre.